lundi 8 mars 2010

Fightway.fr: Découverte d'un artiste martial Français plus connu au Brésil que dans l'hexagone.


-Mars 2010-

Olivier « MIIPAPA » Pereira (à gauche sur la photo) est ce qu'on peut appeler un homme de l'ombre du MMA à la française. Inconnu en France, il se voit impliqué depuis 4 années dans l'entrainement d'un jeune combattant Brésilien, Cassiano Tytschyo (19-7-0), considéré par beaucoup au Brésil comme un des meilleurs Brésiliens combattant sur le sol auriverde.

Peux-tu te présenter ?
Olivier Pereira, j'ai 30 ans et on me surnomme « Miipapa » au Brésil. Ce surnom me vient de mon dernier séjour à la Chute Boxe suite à un délire avec Monge (prof de Muay Thai à la Chute Boxe) et Tytschyo.Mon parcours martial est similaire à celui de pas mal de gens. Enfant, j'ai fait du judo et de la boxe française avec Kiki au Plessis-Trévise où j'ai gagné quelques titres départementaux et régionaux. Puis j'ai fait du Muay Thai au club «Magic muay thai» de Créteil avec Amadou Ba, et de la boxe anglaise.Enfin, en ce qui concerne le MMA, j'ai commencé le Pancrace à Fontenay, avec Mauricio Delso au club Art de Mars, club où j'enseigne actuellement.

Comme ton surnom l'indique, tu as donc une connexion au Brésil. Explique-nous comment elle s'est créée ?
Parlant portugais et appréciant les combattants comme Pelé ou Wanderlei Silva, je me suis naturellement dirigé vers la Chute Boxe afin de prendre des cours. Mon premier séjour n'a duré que 15 jours mais la langue a été un facteur important pour mon intégration rapide. J'ai pu échanger mes impressions avec les combattants et leur demander des conseils. Très vite j'ai pu me rapprocher de certains combattants, par exemple je me suis retrouvé à aller voir le Storm Samourai 11 avec Cris Cyborg. 3 mois plus tard, j'y retournais pour une période d'1 mois où j'ai été accueilli à bras ouverts. Cordeiro se souvenait de moi, Wand s'est directement mis à tailler ma « tête de français »… c'est con mais ça fait plaisir de se dire que les mecs se souvenaient de moi ! J'ai beaucoup appris durant ce second voyage, s'entrainer aux cotés des stars de la Chute Boxe (Wanderlei, Ninja, Shogun, Azeredo… L'équipe de la grande époque!) est très motivant et c'est le contexte idéal pour progresser car chacun peut t'aider et te conseiller.La Chute Boxe c'est un peu une grande famille, les gens sont bien loin de l'image de grands durs qu'ils dégagent. Ils passent leur temps à délirer…

Mais tu ne t'es pas contenté de ça. Comment tu t'es donc retrouvé à coacher un Brésilien?
En fait, dès mon premier séjour j'ai été intégré à la préparation d'un combattant, Cassiano Tytschyo, qui allait faire son premier combat pro au Storm Samourai 11 à seulement 17 ans ! Je me suis retrouvé dans la célèbre salle bleue (salle où les clips pour le Pride étaient tournés) à faire le sparring d'un mec qui avait déjà une vingtaine de combats amateurs et qui était perçu comme un futur grand. Après mes deux séjours à la Chute Boxe, Cassiano m'a fait venir chez lui, à Campinas, pour que je m'entraine avec lui et lui serve de sparring. J'ai été associé à sa préparation au même titre que des ceintures noires de JJB, de très bons pratiquants de MMA… Depuis, j'ai fait 6 ou 7 aller retour pour venir l'aider dans sa préparation. Je ne suis pas coach à proprement dit puisque c'est son père qui gère sa carrière et ses entrainements. Par contre, je le fais travailler plus spécifiquement certaines distances de combat, j'essaie de lui apporter ce que j'ai appris à droite et à gauche… Mais, fil de mes voyages, j'apporte de plus en plus aux préparations de Cassiano et, d'un point de vue personnel, ils ont cette culture martiale et ce sens du combat qui rend chaque instant propice à progresser. Aujourd'hui, mon travail est même suivi par des sites de MMA au Brésil !

Parles-nous un peu de Tytschyo.
Il a été désigné par la chaine Premiere Combate comme faisant parti des 3 meilleurs Brésiliens combattant au Brésil en -83kg. Sur Portal do Vale Tudo, il est dans les 10 Brésiliens à surveiller pour l'année 2010.C'est surtout un phénomène au sol, il est ceinture noire de Jiu Jitsu Brésilien. Il a combattu au Bitetti, au Fury FC et au Storm Samouraï. Là il a un record de 19 victoires pour 7 défaites. Toutefois certaines défaites sont surement dues au fait qu'il veuille enchainer les combats afin d'engranger de l'expérience, même si parfois cela se fait au détriment de sa préparation physique.Enfin, c'est son Père Nynyko, une encyclopédie vivante des arts martiaux, qui gère sa carrière. Il faisait partie de la Chute Boxe mais aujourd'hui 'il s'entraine chez lui, à Campinas au sein de son équipe.

Tu sembles donc plus connu au Brésil qu'en France, comment tu l'expliques ?
C'est simple, je ne fais pas partie d'un grand club, d'une grosse team. Cependant, je n'ai strictement rien contre eux, je n'ai pas un sentiment de revanche ou quoi que ce soit !Après je ne suis pas le seul. T'as des combattants comme Rimbon, Frachey ou Carmont par exemple, qui ont une vraie carrière, qui ont combattu de grands combattants et dont on n'entend quasiment pas parler. J'ai beaucoup de respect pour des mecs comme ca, des vrais guerriers qui ne choisissent pas les combats les plus simples, ce sont des collaborations qui doivent être très enrichissantes

Et t'as essayé d'établir des contacts avec des grosses team?
Non, ce n'est pas mon objectif d'être connu partout en France ou d'être amis avec untel ou untel même si je respecte pas mal de combattants Français. Moi je travaille plus sur le feeling, sur les connaissances que je fais au fil de mes entrainements.

Donc t'en es où en France ?
Au départ j'avais tenté de créer une team Franco-Brésilienne, la team Kumite. On m'avait présenté des Brésiliens vivant en France… Je continue de penser que c'était une bonne idée. J'avais réussi à rassembler de bons pratiquants de boxe pied poing, des gens talentueux au sol. Mais bon, on était nombreux, dispersés et pas mal de Brésiliens sont partis au Brésil. Donc maintenant, avec le reste de la Team Kumite, on s'entraine au sein d'un club de pancrace, Art de mars à Fontenay-sous-Bois. Dans la team, on a Bruno qui a été champion de France de Pancrace (F.B.T.M.T.D.A.) en 2007 et Milo qui a déjà combattu au Shooto en Belgique.Je donne aussi des cours à Vitry, dans le club de Vo-Thuat de Nordine Amary (classe A en Muay Thai : 41 combats 36 victoires et 1 nul). De plus, en ce moment, je fais travailler Romain Arokiassamy et Yohann Benbedra (qui a participé au championnat du monde de Sanda au Canada) et je travaille avec un club de Sanda à Epinay-sous-Sénart.Enfin, je collabore aussi avec Manu le Barge sur Marseille (92 Tarentule team13) et Nicolas Godin. Avec ce dernier, on a principalement travaillé son sol et lui m'a montré des trucs en lutte par exemple.En fait, j'essaie d'enrichir mon travail en puisant dans d'autre discipline de combat (Lutte, Sanda, Muay Boran...) et en m'inspirant du travail d'autres entraineurs à travers le monde même si la base de mon inspiration reste au BrésilMon but est de toujours progresser pour en faire profiter les combattants dont je m'occupe.

Tu te sers donc principalement de ton expérience au Brésil. Qu'est-ce que cela t'a apporté ?
Déjà, j'ai eu la chance de m'entrainer à la Chute Boxe à la grande période. J'ai appris pleins de choses aux côtés des Wanderlei, Shogun, Acacio, Jadson Costa… J'ai pu m'entrainer avec Sakuraba aussi !Mais surtout, c'est durant les préparations de Tytschyo que j'ai le plus appris. Déjà, on fait des séances de musculation spécifique au combat. Puis, et c'est là où la différence avec la France se fait selon moi, au niveau de l'encadrement on a pu faire des sessions d'entrainements où tu avais des professeurs de JJB, des combattants de MMA chevronnés, des professeurs de lutte, de muay thai… D'un point de vue technique, je suis obligé de progresser !De façon générale, si je veux être le plus complet dans mon rôle d'entraineur, je suis obligé d'aller voir ce qu'il se passe ailleurs ! Le MMA est en perpétuelle évolution, on est obligé de se remettre continuellement en question

Enfin ton actu ? Quelque chose de particulier à dire ? Tu ferais quoi contre un chimpanzé ?
Comme je t'ai dit je donne des cours à Val de Fontenay, Vitry et Epinay sous Sénart…En plus de ca, avec Hallay, un préparateur physique et Charly, un pote de longue date et passionné d'arts martiaux, on essaie d'ouvrir une salle à Champigny-sur-Marne, qui serait le prolongement d'un concept qui se nomme « l'instinct du combat ». En quelques mots, c'est notre manière de voir les arts martiaux, basés sur l'échange, le respect, l'ouverture d'esprit… On se comporte comme des entraineurs itinérants, on se déplace sur la France pour aider des combattants en préparation ou faire des stages dans des clubs.Moi je repars au Brésil le 20 mars pour minimum un mois afin de participer à une grosse préparation de Tytschyo et de toute son équipe pour les prochaines échéances. Il est aussi question que Tytschyo et Monge viennent en France afin qu'ils puissent donner des stages et s'entrainer en France, avec de nouveaux sparringEnfin en ce qui concerne le chimpanzé, je pense qu'il ne faut pas se jeter dans la bagarre, il faut élaborer un bon game plan et ne surtout pas sous-estimer cet adversaire…

Merci à Fightway et à tous ceux que j'ai croisé sur les tatamis